Michael Ballack, une ascension d’Est en Ouest

On disait le sosie de Matt Damon perdu pour la cause depuis son arrivée à Chelsea, il n’en est rien. Michael Ballack est en plein renouveau à Londres et il rêve désormais de remporter enfin, un titre avec l’Allemagne.

De Karl-Marx Stadt à Chelsea en passant par le Bayern Munich, Michael Ballack a gravi un à un les échelons qui conduisent au sommet du football européen, une altitude où il veut maintenant guider l’équipe d’Allemagne lors de l’Euro-2008 (7-29 juin). Depuis plusieurs semaines, Ballack et ses coéquipiers apparaissent à la télévision allemande, déguisés en alpinistes à la conquête d’une montagne juchée entre la Suisse et l’Autriche.

Dans cette publicité en noir et blanc vantant les mérites d’un constructeur automobile, Ballack montre le chemin à ses compagnons, un rôle dans lequel le capitaine de la Mannschaft (79 sélections, 35 buts) n’a eu aucun mal à se glisser. Non pas qu’il soit amateur d’alpinisme - son passe-temps est le golf -, mais Ballack, 31 ans, mène sa carrière comme le guide de haute-montagne sa cordée: toujours plus haut, d’un pas mesuré, sans jamais céder à l’ivresse des cimes, ou plutôt de la renommée.

Si les experts est-allemands qui sillonnaient les écoles à la recherche des futurs talents sportifs avaient insisté, il serait pourtant devenu patineur de vitesse ou gymnaste. Mais à 10 ans, Michael, fils unique d’un couple d’ingénieurs de Görlitz, est déjà le buteur-vedette du FC Karl-Marx Stadt. En 1995, il signe à 19 ans son premier contrat pro avec Chemnitz, comme Karl-Marx Stadt a été renommé après la Réunification.
   
Une ascension lente mais régulière
L’international Espoir, convoité par de nombreux clubs de Bundesliga, rejoint ensuite le promu Kaiserslautern. Les “Diables rouges” ont de l’ambition et un entraîneur à poigne, l’Allemand Otto Rehhagel, qui les conduit à la surprise générale au titre de champion d’Allemagne en 1998. Ballack, timide et encore quelque peu engoncé dans ses habit(ude)s d’”Ossie” comme sont désignés les habitants de l’ex-RDA, devient titulaire à part entière en 1998-99 (30 matches, 4 buts), décroche sa première sélection en équipe nationale et signe pour Leverkusen en juillet 1999.
Il lui faudra attendre la saison 2001-02 et un autre entraîneur de caractère, Klaus Toppmöller, pour qu’il assume pleinement ses responsabilités de stratège. L’éclosion au plus haut niveau est symbolisé par un incroyable quadruplé de… 2e place (Championnat et Coupe d’Allemagne, Ligue des champions, Coupe du monde). Elu meilleur joueur de Bundesliga en 2002, Ballack rejoint enfin “LE” club allemand, le Bayern Munich.
   
L’homme des finales perdues
En Bavière, il étoffe son palmarès avec trois doublés Coupe/Championnat d’Allemagne (2003, 2005 et 2006), s’épanouit dans les rôles de père de famille modèle (trois enfants) et d’icône publicitaire, mais échoue toujours sur la scène européenne. C’est pour cela qu’après la Coupe du monde 2006 où il ne brilla guère à cause d’une blessure à un mollet, il opte pour Chelsea qui lui offre, accessoirement, l’un des plus confortables salaires d’Angleterre.
S’il bénéfice de la confiance parfois aveugle de José Mourinho, le milieu offensif, excellent dans le jeu aérien, ne convainc pas vraiment lors de sa première saison, jusqu’à ce qu’il se blesse en avril 2007 à la cheville gauche. Pendant huit mois, tout semble aller de mal en pis: sa blessure tarde à cicatriser, mettant en péril sa carrière, Mourinho quitte Chelsea et l’équipe d’Allemagne se passe très bien de lui.

Le renouveau
Mais Ballack ne doute pas. Depuis son retour en décembre, il a pris une nouvelle dimension, permettant à Chelsea de se qualifier pour la finale de la Ligue des champions contre Manchester United le 21 mai.
Il pourra ensuite se consacrer à l’opération “Bergtour 2008″ (randonnée 2008), le nom de code donné à l’Euro-2008 par Joachim Löw, dont Ballack est l’indiscutable chef de cordée.

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