Gourcuff, la bonne pioche de Bordeaux

Arrivé début juillet en provenance du Milan AC, Yoann Gourcuff s’est très vite adapté à l’équipe des Girondins de Bordeaux. Il est même devenu le maître à jouer de Laurent Blanc

En à peine un mois, Yoann Gourcuff, milieu offensif de Bordeaux prêté par le Milan AC, s’est fondu naturellement dans le moule girondin, s’imposant même comme le nouveau dépositaire du jeu par sa clairvoyance, à confirmer samedi lors du Trophée des Champions contre Lyon.

Décidément, Laurent Blanc a l’oeil et le bon. En faisant de Gourcuff, 22 ans, en mal de temps de jeu en Italie, la priorité de son recrutement, il était légitime de s’interroger sur les premiers pas du Breton sous ses nouvelles couleurs. Le technicien bordelais a vite été rassuré au sortir d’une phase de préparation éprouvante où l’ancien Rennais s’est montré affûté, brillant parfois, presque déjà patron: deux buts inscrits contre Châteauroux et Lorient, de l’imagination, de la créativité, une intégration réussie, de la complicité. “J’arrive à trouver ma place dans ce groupe qui vit bien dans une atmosphère saine et sereine, confie ce réservé de nature impressionné par les installations girondines. Le fait que c’est la deuxième fois que je change de club m’a aidé dans mon intégration: je suis moins stressé, moins dans l’inconnu. Et puis, j’essaye de ne pas rester avec les joueurs que je connais, tout le monde se mélange. Et les sensations reviennent assez rapidement“.

Sous le charme, le président Jean-Louis Triaud souligne qu’”en plus d’être un joueur de ballon, un organisateur de jeu, technicien”, il “va apporter son enthousiasme, sa fraîcheur, sa jeunesse, son dynamisme et un peu de vitesse là où on en manquait“. Que demander de plus, si ce n’est l’adhésion des cadres du milieu, Fernando en tête, qui en d’autres temps n’avaient pas fait de cadeau de bienvenue à l’ancien meneur Johan Micoud. “Avec Fernando, on dialogue en italien, c’est sympa, coupe Gourcuff. Et puis, j’ai trouvé des automatismes avec lui et Wendel qui est un bon joueur de ballon. Je me cale par rapport à Alou Diarra, ses déplacements, sa façon de jouer; je peux jouer à terre avec des enchaînements de passes avec Cavenaghi“.

S’il a pour l’heure un peu de mal à évaluer le potentiel de sa nouvelle équipe, le néo-bordelais demeure toutefois convaincu de sa compétitivité. “Il y a un bon amalgame entre jeunes et anciens, c’est assez complet, solide derrière. Les postes sont quasiment doublés et le banc des remplaçants sera bon cette année, prévient-il. Ce qui est sûr, compte tenu de la saison précédente, c’est qu’on sera attendu, il n’y aura plus d’effet de surprise“. Fin tacticien, à l’instar de son père Christian, entraîneur de Lorient, “qui me donne des conseils, me dit de prendre le jeu à mon compte“, Gourcuff n’a eu aucun mal à trouver sa place que ce soit dans le 4-4-2 losange cher à Blanc que dans le 4-3-3 mode lyonnaise récemment essayé. “Je connais bien les deux systèmes mais ce n’est pas le système qui fait la différence, c’est l’animation” avoue-t-il, certain d’être “un joueur d’axe car j’ai besoin de liberté, de me déplacer par rapport aux adversaires et aux espaces“.

Sans parler de plaisir retrouvé, l’ancien milanais venu en Gironde “pour gagner du temps de jeu et enchaîner les matches“, rétorque qu’”il est important de rester dans sa ligne directrice, qu’il y a déjà assez à penser avec le début du championnat” quand on évoque l’équipe de France. Une question de priorités, sans doute.

Leave a Reply

You must be logged in to post a comment.